Purple Rain Deluxe, la réédition de l’album mythique de Prince & The Revolution sortira le 23 juin 2017 en digital et sous plusieurs formats physiques. Il est déjà possible de le pré-commander sur les sites habituels (Fnac, Amazon…).

Purple Rain Deluxe – Confusion

Warner Bros a annoncé le 12 février dernier la sortie prochaine en version « Deluxe » de l’album « Purple Rain » de Prince & The Revolution. Le communiqué prévoit alors l’album en version remasterisée accompagné de 2 albums inédits et 2 DVD’s pour le 9 juin. Ce projet est l’aboutissement de l’accord conclu en avril 2014 entre Prince et la maison de disques et sur lequel l’artiste avait commencé à travailler, en même temps que la compilation qui est devenue Prince4ever.

Selon plusieurs sources fiables, Prince s’était occupé du remastering de l’album et l’avait validé. Mais il ne s’est pas occupé du reste (la partie des inédits) et n’avait pas mené ce projet à son terme avant de disparaître tragiquement le 21 avril 2016 ou si la Warner a du « terminer » le travail.

Après de longues semaines d’attente et de nombreuses spéculations, le contenu de cette réédition a fuité et rendu public par un fan (Violet Reality), appuyé par un modérateur de Prince.org le jour de l’annonce de la sortie de l’EP « Deliverance« . Il y a eu quelques doutes sur l’authenticité de cette information, mais elle a été confirmée par la mise à disposition sur Itunes dans quelques pays de la réédition tant attendue (Inde, Japon et Australie dans un premier temps). Ce qui est étonnant, c’est que cette sortie (en précommande) n’a pas été précédée d’une publicité par la Warner. Tout a été installé après que la précommande soit possible, notamment le site officialprincemusic.com.

A cette surprise s’ajoute l’écart entre ce qui a été annoncé en février par la maison de disques et le résultat final puisque ce sont bien 3 disques qui nous sont proposés, mais il n’y a qu’un seul album d’inédits au lieu des deux annoncés. Cela peut générer quelques frustrations mais peut s’expliquer par les complexités contractuelles qui existent entre la Warner, Universal, les héritiers et l’absence de testament.

Les différents formats et les contenus:

En plus de la version digitale, plusieurs formats physiques sont proposés pour cette réédition :

  • En édition 3 CD’s + 1 DVD;
  • En édition double CD (Coffret Digipack Edition Deluxe) – l’album remasterisé et l’album d’inédits ;
  • En vinyle (simple) – l’album remasterisé uniquement avec un poster. Aucune édition en vinyle de l’album d’inédits n’est prévue pour le moment.

Le premier CD contiendra l’album classique remasterisé :

Let’s Go Crazy / Take Me With U / The Beautiful Ones / Computer Blue / Darling Nikki / When Doves Cry / I Would Die 4 U / Baby I’m A Star / Purple Rain.

Le deuxième CD intitulé « From The Vault & Previously Unreleased » contient des inédits et des versions inédites que nous développons plus bas :

  1. The Dance Electric
  2. Love And Sex
  3. Computer Blue (“Hallway Speech” version)
  4. Electric Intercourse (studio)
  5. Our Destiny / Roadhouse Garden
  6. Possessed (1983 version)
  7. Wonderful Ass
  8. Velvet Kitty Cat
  9. Katrina’s Paper Dolls
  10. We Can Fuck
  11. Father’s Song

Le troisième CD contient les versions courtes et maxis provenant des singles de l’album. La plupart de ces versions étaient déjà incluses sur les compilations « The Hits/The B-Sides » (1993) et « Prince4Ever » (2016). Seules la version instrumentale de « God  (Love Theme From Purple Rain) » et la version longue de « Another Lonely Christmas » n’avaient jamais été éditées en CD par la Warner auparavant. Au-delà de ça, ce volume n’est interessant ni pour les fans, ni pour le grand public.

  1. When Doves Cry (version courte / éditée pour le 45 tours)
  2. 17 Days – face B du single « When Doves Cry »
  3. Let’s Go Crazy (version courte / éditée pour le 45 tours)
  4. Let’s Go Crazy (Special Dance Mix)
  5. Erotic City (version courte / éditée pour le 45 tours) – face B de « Let’s Go Crazy »
  6. Erotic City (“Make Love Not War Erotic City Come Alive”)
  7. Purple Rain (version courte / éditée pour le 45 tours)
  8. God (version vocale) – face B du single « Purple Rain »
  9. God (Love Theme From Purple Rain) – version instrumentale sortie en face B du maxi « Purple Rain » en Angleterre et jamais sortie sur CD
  10. Another Lonely Christmas (version courte / éditée pour le 45 tours) – face B d’ « I Would Die 4 U »
  11. Another Lonely Christmas (extended version) – jamais sortie sur CD
  12. I Would Die 4 U (version courte / éditée pour le 45 tours)
  13. I Would Die 4 U (extended version) – version de 10 minutes enregistrée pendant des répétitions et sortie en maxi.
  14. Baby I’m A Star (version courte / éditée pour le 45 tours)
  15. Take Me With U (version courte / éditée pour le 45 tours)

 

Le DVD:

Purple Rain Deluxe sera accompagné dans sa version physique complète par le DVD du concert donné à Syracuse le 30 mars 1985 qui a été diffusé sur des chaines de télévision à l’époque puis sorti en VHS. C’est la première sortie vraiment officielle de ce show en DVD.

Il était envisagé que le DVD du concert mythique donné au First Avenue de Minneapolis le 3 août 1983 fasse partie du coffret. Il n’a malheureusement pas été retenu pour cette sortie de juin, faute de temps pour retravailler la vidéo originale et la sortir avec une qualité répondant aux standards actuels.

Ce concert est historique pour plusieurs raisons :

  • c’est la première fois que Wendy joue avec The Revolution, et Prince y délivre une performance exceptionnelle,
  • Prince et son groupe jouent des titres alors inédits qui ne sortiront que plusieurs mois plus tard sur l’album « Purple Rain » : « Let’s Go Crazy », « Computer Blue », « I Would Die 4 U », « Baby I’m A Star » et « Purple Rain ». « Electric Intercourse » sera également interprétée lors de ce show.
  • Après quelques retouches au studio, les versions de  « I Would Die 4 U », « Baby I’m A Star » et « Purple Rain » jouées ce soir là seront incluses dans la version finale de l’album.

Les inédits et versions inédites de Purple Rain Deluxe

Les inédits et versions inédites tant attendus constituent donc un album à part entière dans ce coffret. Ces 12 chansons (dont 2 réunies sur une piste – « Our Destiny » et « Roadhouse Garden ») ont été enregistrées entre 1983 et 1984, mais n’étaient pas toutes construites pour l’album ou le film « Purple Rain ».

Parmi elles, des versions inédites (« The Dance Electric » que Prince a offert à André Cymone, « Computer Blue » dans sa fameuse version « Hallway Speech », « We Can Fuck » – premier jet de « We Can Funk » publiée sur « Graffiti Bridge », la version studio « Possessed » qui était disponible sur la VHS du concert de Syracuse 85), de vraies chansons inédites (« Love And Sex », « Velvet Kitty Cat », « Katrina’s Paper Dolls », « Wonderful Ass », « Our Destiny » / « Roadhouse Garden » et « Electric Intercourse ») et « Father’s Song » qui a été rejouée et intégrée en partie dans Computer Blue et le film Purple Rain. Certains de ces titres, mais pas tous, circulent depuis plusieurs années sur des bootlegs dans des versions parfois différentes.

« Father’s Song », composée par Prince et son père John L. Nelson, est un instrumental enregistré en octobre 83. Prévu mais non retenu sous cette forme pour l’album « Purple Rain », on peut néanmoins l’entendre dans une version rejouée au piano dans le film et à la guitare dans la deuxième section de « Computer Blue ».

Les fans connaissent par cœur « Electric Intercourse » dans sa version live jouée et chantée magnifiquement par Prince au First Avenue en 1983. C’est sa version studio, jusque là inconnue de tous, qui est proposée ici et qui fait également office de premier single extrait de ce coffret. Cette chanson (dans sa version live) a longtemps été utilisée pour illustrer les joyaux que pouvait receler le coffre. Plus ou moins envisagée pour l’album « Purple Rain », Prince l’a mise de côté après avoir composé « The Beautiful Ones ». Lors de la Celebration de juin 2000, cette chanson faisait partie des titres sélectionnés par les fans pour être incluse dans Crystal Ball 2, mais le projet n’a pas été finalisé. La présence d’ « Electric Intercourse » dans « Purple Rain Deluxe» peut laisser supposer que Prince avait validé ce choix : En mai 2014, juste après avoir conclu son nouvel accord avec la Warner, Prince revisite « Electric Intercourse » en concert à Birmingham – alors qu’il ne l’avait pas rejouée depuis plus de 30 ans (comme il avait repris de façon inattendue « Moonbeam Levels » lors d’un concert en 2013), mais s’autocensure en ne prononçant pas le titre au complet, peut-être à cause de ses convictions religieuses de l’époque. Heureusement, la version de « Purple Rain Deluxe» échappe à cette censure.

« Possessed » a été enregistrée en 1983 puis dans une nouvelle version en 1984. La première version circule sur des bootlegs depuis plusieurs décennies. Celle de 1984 aussi connue par les fans dans sa version instrumentale puisqu’elle a été piratée mais aussi incluse partiellement dans le film « Purple Rain » en fond sonore dans une scène tournée au First Avenue. « Possessed » a ensuite été jouée sur le « Purple Rain Tour » et sortie dans son interprétation live en VHS avec une dédicace à James Brown. A priori, « Purple Rain Deluxe » propose la version studio de 1983 connue clandestinement.

Autre joyau bien connu des fans par des moyens détournés, la version longue de 11 minutes, dite « Hallway Speech » de « Computer Blue ». Elle contient un long monologue de Prince qui raconte l’histoire d’un homme qui vit dans une maison où chaque couloir représente une émotion – idée qui sera reprise pour « The Halls Of Desire » offerte à Tevin Campbell quelques années plus tard :

He didn’t like living alone / The house where he lived had many hallways / It was a long walk 2 his bedroom /Because 2 him each hallway represented an emotion / Every one vastly different from the next / One day while she was with him he decided 2 name each one / She walked by his side, one hand on his thigh / No – she was sort of half a step behind him / Yeah, the grip on his thigh intensified /As they walked slowly through the corridor /He named the hallway « Lust » /And as they passed through the next one / He named it « Fear » / The grip she now loosened / So he walked faster /Her hands now trembling / She let dropped 2 her side as he wrote the word « Insecurity » / He looked into her eyes and smiled a demon smile / And quickly walked onto the next / Corridor after corridor / He named almost all when suddenly… he stopped / He picked up the word « Hate » / She was gone so he picked up another – « Pain ».

Plusieurs versions inédites de « Computer Blue » existent sur des pirates, et c’est semble-t-il celle que Prince pensait intégrer dans la première configuration de l’album et qu’il a dû raccourcir pour laisser de la place à « When Doves Cry » et « Take Me With U » (pour plus de fluidité et pour que les faces A et B soient d’une durée équivalente) qui nous est offerte.

« We Can Fuck » est la version initiale de « We Can Funk » sortie sur « Graffiti Bridge », la B.O. de la pseudo-suite de « Purple Rain ». « We Can Fuck » a été enregistrée avec Wendy & Lisa le 31 décembre 1983. Elle n’était prévue pour aucun des nombreux projets de l’époque (The Time, Sheila E., Apollonia 6 ou Purple Rain). En 1986, Prince réenregistre complètement la chanson avec The Revolution sous le nom de « We Can Funk » pour un projet de comédie musicale mort-né : The Dream Factory (qui n’a rien à voir avec l’album inédit du même nom). Une autre version est enregistrée avec Micki Free, qui venait de quitter le groupe Shalamar et que Prince voulait intégrer dans Mazarati. Toutes ces idées ont été rapidement abandonnée jusqu’en 1989, lorsque Prince développe le film « Graffiti Bridge » et la bande originale qui va avec. Il reprend alors les bases de la version de 83,  et en fait un duo avec George Clinton pour le film et l’album qui sortent en 1990. Deux ans plus tard, Clinton reprend la chanson avec ses propres musiciens pendant les sessions de « Hey Man, Smell My Finger », mais ne la retiendra pas pour son album sorti chez Paisley Park. Seul un extrait de « We Can Fuck » (1983) circulait sur les pirates. De nombreuses versions ultérieures (1986 et 1989) sont largement disponibles sur des bootlegs.

« Our Destiny » et « Roadhouse Garden » ont été jouées lors du concert fêtant les 26 ans de Prince au First Avenue, le 7 juin 1984. Elles ont été composées après qu’il ait finalisé «Purple Rain » , et hormis une section de cordes qui a servi d’intro à The Ladder sur « Around The World In A Day », Prince n’est plus revenu sur ces chansons en concert ou en studio dans les années qui ont suivi. En 1998, il a annoncé qu’il allait retravailler sur des vieilles chansons enregistrées avec The Revolution et les sortir sur un album intitulé « Roadhouse Garden ». Ces deux titres devaient en faire partie, mais le projet n’a pas abouti.  Lors du concert anniversaire de 84, les deux titres étaient chantés par Prince et s’enchainaient, comme sur « Purple Rain Deluxe ». Une version d’ « Our Destiny » a été enregistrée en studio avec Lisa au chant et est disponible de façon non-officielle, tout comme la version studio de « Roadhouse Garden » chantée par Prince. Nous ne savons pas quelles versions ont été retenues pour « Purple Rain Deluxe ».

Autre classique des bootlegs, « Wonderful Ass » et qui n’a rien à voir, ni de près, ni de loin avec « Purple Rain ». Comme « We Can Fuck/We Can Funk », la première version a été enregistrée en 1983 par Prince, seul. Quelques années plus tard, en 1986, Wendy et Lisa ajoutent leurs touches à ce morceau sans que cela fasse partie d’un projet particulier. Juste un autre jour au studio pour produire quelque chose de beau et l’archiver.

Un autre exemple de ce que Prince pouvait produire un jour ordinaire au studio, mais pas forcément avec autant de réussite, Velvet Kitty Cat qui date de 1983. Elle a été désarchivée pour l’album d’Apollonia 6 pour finalement être reposée sur une étagère.

Nul besoin de représenter ce classique du Minneapolis Sound qu’est « The Dance Electric » sortie par André Cymone. Nous aurons enfin l’occasion de réécouter ce joyau dans sa version chantée par Prince avec un son (espérons-le) parfait.

« Katrina’s Paper Doll » (enregistré fin 1983) et Love And Sex (enregistré en 1984, juste avant « When Doves Cry » n’ont pas été enregistrées pour un projet précis connu. Comme « Electric Intercourse » , ces titres ont été sélectionnés pour faire partie de Crystal Ball 2.

Les notes de pochette seraient signées par The Revolution et Susan Rogers, l’ingénieure du son attitrée de Prince dans les années 80. Quelques fans exigeants ou pointilleux pourraient ou se sont interrogés sur la pertinence du choix de certains titres dans cet album d’inédits. Beaucoup ne sont pas liés directement à « Purple Rain » alors que « Wednesday », chanson qui était incluse dans une des premières configurations de l’album et qui aurait été filmée mais coupée au montage avec Jill Jones au chant aurait eu toute sa place dans le coffret. La présence de chansons aux paroles « osées » (« Electric Intercourse » et « Wonderful Ass » par exemple) indiquent que ce CD d’inédits a probablement été fait sans l’aval de Prince. Rappelons que l’un de ses ingénieurs du son, Ian Boxill,  avait déclaré dans une interview en 2016 que Prince avait détruit certaines bandes dont le contenu était licencieux au début des années 2000 (« He had stopped swearing completely and didn’t like anyone using foul language around him. He even had masters of his songs destroyed that had cursing or too sexual of a topic »). Mais le choix a semble-t-il été de présenter ce que pouvait faire Prince en studio entre 1983 et 1984 et peut-être de s’adapter aux contraintes juridiques.

L’exploitation du coffre – Warner vs. Universal

Les droits d’exploitation du coffre et des inédits qu’il contient ont fait l’objet d’un deal entre les héritiers et Universal en février (peu de jours avant l’annonce de la Warner). Les contours de cet accord et l’étendu de celui-ci, à savoir s’il couvre tous les enregistrements faits par Prince même lorsqu’il était sous contrat chez Warner (des années 70 jusqu’au milieu des années 90), ont été définis : « The agreement also provides for UMG and the Estate to collaborate with regard to Prince’s vault of prized unreleased works from throughout his career, including outtakes, demos and live recordings ». Il est également clairement énoncé dans le communiqué qu’Universal a acquis les droits d’exploitation des 25 albums de Prince période NPG Records (ceux sortis à partir de 1996 – « Under the terms of the deal, the Estate is licensing to UMG the 25 albums that Prince released through NPG Records, a label founded by the artist that includes Double Platinum- and Gold-certified albums EmancipationMusicology and 3121 »). Les droits d’Universal sur les albums de la période Warner devraient varier selon les années et les continents (« In addition, beginning next year UMG will obtain U.S. rights to certain renowned Prince albums released from 1979 to 1995 »).

Source : communiqué d’Universal

La mise en œuvre de cet accord devrait néanmoins être complexe à cause de plusieurs éléments :

  • L’absence de testament laissé par Prince (ou du moins non retrouvé),
  • La variété et multitude d’accords et contrats (parfois verbaux) entre Prince et les différents labels ou plateformes de streaming (Tidal par exemple et Jay-Z qui ne semble pas vouloir se laisser faire),
  • Les possibilités multiples d’exploitation (physiques, digitales, streaming avec des subtilités contractuelles infinies) offertes aujourd’hui,
  • Les positions exprimées par Prince de son vivant quant à la diffusion de sa musique : il n’avait pas autorisé la mise à disposition de ses albums et chansons sur certaines plateformes comme itunes, Deezer et Youtube, notamment au regard de la rémunération générée et de la gestion des droits. Cela a été remis en cause cette année, puisque la quasi-totalité de ses albums officiels peut maintenant être écoutée sur différents sites de façon légale (ou pas),
  • L’approche et l’esprit des albums à sortir et qui étaient finis ou qui sont à construire à partir d’inédits ou à reconstituer. Certains, que nous avons tenté de recensé dans un article précédent, ont été abandonnés ou annulés par Prince lui-même pour diverses raisons, ou refusés par Warner. D’autres ont été laissés mis de côté temporairement ou définitivement et restés inachevés. Et plusieurs chansons, qui peuvent avoir été détruites mais sauvegardées ailleurs, ne lui correspondaient plus spirituellement (les morceaux avec un contenu explicite sexuellement),
  • Les souhaits exprimés par les conseillers des héritiers sur la manière d’exploiter ces œuvres qui imaginent ou étudient la possibilité de faire des spectacles types Le Cirque Du Soleil ou Broadway.Un nouveau gestionnaire a été nommé, mais la situation n’a pas encore été éclaircie.

 

Quelles que soient les options choisies, il est sûr qu’elles ne satisferont jamais la totalité des fans. A la question sur ce qu’il pense de ce qu’il adviendra du contenu du Vault, Eric Leeds a répondu ceci (pas une citation mot à mot) dans une interview récente :

« Un jour je discutais avec Prince (au début des années 2000), et il m’a demandé ce que j’écoutais en ce moment. Je lui ai répondu que j’écoutais toujours les même vieux trucs et que je venais d’acheter un coffret de sessions inédites de Miles Davis des années 60 et 70 qui venaient de sortir pour la première fois. Miles était mort depuis plusieurs années et Prince m’a fait comprendre que c’était quelque chose qu’il n’approuvait pas, il ne comprenait pas pourquoi les héritiers faisaient ça (…).

Il y a beaucoup de choses dans le coffre de Prince qui pourraient nous montrer d’autres facettes de son œuvre. Je pourrais moi-même aller dans ce coffre et dire « je ne pense pas que cette chanson devrait sortir, je pense que celle-ci devrait sortir, ça c’est de la merde….. », et une autre personne pourrait dire la même chose. Quel avis compte le plus? Franchement, je n’en sais rien.

Ce que je sais par contre, c’est qu’une très grande partie de ce qui se trouve dans le coffre sont des chansons qui ne sont pas terminées. Prince allait au studio tous les jours, parce qu’il ne savait pas quoi faire d’autre. Ce n’est pas parce qu’il allait au studio tous les jours, qu’il faisait de la grande musique quotidiennement. Il faisait ça comme ça. Il y a avait des périodes où il passait beaucoup de temps sur un projet et qu’il abandonnait en se disant qu’il n’arriverait à rien avec ça. Souvent, il lançait des idées pour voir ce que ça allait donner, et au bout d’un moment, il se disait, c’est bon, je sais ce que je vais faire. Et c’est seulement après tout ce processus, qu’il pouvait commencer à enregistrer un titre qui aurait pu être le prochain « When Doves Cry ». »

Sources : Podcastjuice 1 & 2

Autres options ?

Comme dit plus haut, les fans de Prince peuvent être difficiles à satisfaire. La réédition de Purple Rain a été l’occasion de voir revenir de nombreuses questions :

Existe-t-il une version de l’album avec toutes les musiques que l’on entend dans le film ?

Non, à l’exception de la compilation sortie par la Warner uniquement au Japon en 1984 (« Strange Tales From The Rain ») qui contient les titres de Prince & The Revolution, The Time et Apollonia 6 que l’on entend dans le film et qui sont sur leurs albums et singles respectifs à l’époque, aucune sortie officielle ne regroupe la totalité des chansons telles qu’elles sont dans le film. Pour aller plus loin, même la version live de « Jungle Love » de The Time enregistrée en octobre 83 au First Avenue que l’on entend dans « Purple Rain » n’est jamais sortie sur disque. « Strange Tales From The Rain » est un quadruple album qui contient les titres suivants : Let’s Go Crazy (Special Dance Mix) / Jungle Love (Edit) / Take Me With U / The Beautiful Ones / God / When Doves Cry / Computer Blue / Darling Nikki / Sex Shooter / The Bird / Purple Rain / I Would Die 4 U / Baby I’m A Star. Le second disque contient des titres plus anciens et un titre de Sheila E. : Soft And Wet / I Wanna Be Your Lover / Sexy Dancer / Uptown / Dirty Mind / Do Me, Baby / Sexuality / Controversy / 1999 / Little Red Corvette / Delirious / The Glamorous Life.

A l’exception de cette édition rare, les chansons du film sont dispersées sur son album, « Ice Cream Castle » de The Time ( « Jungle Love et « The Bird ») et l’album éponyme d’Apollonia 6 ( « Sex Shooter »).

Où peut-on trouver « Modernaire » de Dez Dickerson que l’on entend dans le film ?

Dez Dickerson a sorti « Modernaire », composée par Prince, en 2005 seulement sur sa compilation « A Retrospective ». Elle est disponible en téléchargement sur les plateformes habituelles.

« Purple Rain » devait-il être un double album en 1984 ?

Depuis les années 80, une configuration de Purple Rain avec les titres suivants a été mentionnée dans des publications et ensuite reproduite sur le net :

Let’s Go Crazy / Take Me With U / The Beautiful Ones / Computer Blue (long version) / Darling Nikki / My Special World / 2 Late Darling / 17 Days / When Doves Cry / I Would Die 4 U / Erotic City / 2 Many 2 Soon / G-Spot / Electric Intercourse / Baby I’m A Star / Jammin’ Til The Dawn / The Loser In Life / God / Purple Rain.

C’est purement et simplement une invention.

Qui a composé les musiques de transitions ou d’accompagnement que l’on entend dans certaines scènes du film ?

Michel Colombier a composé les instrumentaux que l’on peut entendre dans le film. Ces musiques n’ont pas été sorties officiellement dans leur intégralité mais sont trouvables sur des bootlegs qui reconstituent toutes les parties musicales du film.

Existe-t-il une version longue de 17 Days ?

Oui, mais elle est totalement inédite et n’est pas disponible sur le net et les bootlegs. Selon Questlove, qui détient une copie de de cette version (comme d’autres inédits qu’il diffuse occasionnellement lors de soirées speciales), la version dure 7 minutes et contient un monologue de Brenda Bennett.  L’autre  version de cette chanson avec Brenda au chant pour l’album d’Apollonia 6 ne circule pas non plus. La version longue d’une dizaine de minutes qui circule sur les pirates et le net est un mix fait par un fan.

Existe-t-il une version de « When Doves Cry » avec la basse ?

On ne sait pas si la première version avec la basse, avant que Prince ne la supprime, a été conservée et archivée dans le coffre.

« Purple Rain » a marqué les années 80, et particulièrement l’année 84. Prince a réussi l’exploit avec cet album et ce film à se placer en tête des classements des singles (« When Doves Cry » qui sera le 45 tours le plus vendu de l’année aux Etats-Unis et « Let’s Go Crazy »), des albums (il restera numéro 1 pendant 6 mois et s’écoulera à une vingtaine de millions d’exemplaires) et du box-office (10ème plus gros succès cinématographique de l’année). Il remportera un oscar pour la meilleure bande originale, remportera 3 American Music Awards (pour 12 nominations) et 2 Grammy Awards. Ce succès est prolongé avec une tournée triomphale aux Etats-Unis de près de 100 dates et vue par près de 2 millions de spectateurs. Le « Purple Rain Tour » est à peine achevé en avril 1985, que l’album « Around The World In A Day » est déjà dans les bacs et qu’il entame l’enregistrement de « Parade ».

 

Pour en savoir plus sur le contenu du coffre et ce qui nous attend, n’hésitez pas à lire cette série d’articles :

https://www.schkopi.com/index.php/category/the-vault-le-coffre-de-prince/

 

  1. L’Histoire du « Vault »
  1. Les albums inédits (finis ou annoncés entre 1979 et 2016)
  1. Les projets abandonnés
  1. L’évolution des albums
  1. Les films, clips et court-métrages inédits
  1. La légende Prince / Miles Davis
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