09 janvier 2013, 01:32
Je ne peux qu'intervenir quand je vois un post qui concerne mon métier.
Pour le cas de Virgin, il y a differents facteurs à prendre en compte. Evidement le marché de cd et dvd s'effondre depuis plusieurs années, faute à la fois à internet où des sites comme Amazon qui pratiquent des prix très attractif sur des produits nouveautés qu'AUCUN magasin ne peux pratiquer. Seuls les grandes surface du type Auchan, Carrefour peuvent faire des prix interessants car ils peuvent le répercuter sur d'autres produits (aussi bien culturel qu'alimentaire).
Les promotions sur les cd et les dvd sont à la fois une bonne et une mauvaise chose. Sachez que malgré ce que l'on peut penser, nous vendons aujourd'hui d'avantage de produits qu'avant sauf que comme les prix sont bas (des cd à 6.99e, des dvd ou bluray à 9.99e) et bien on ne gagne pas assez.
Quand je vois certains commentaires dans les articles qui parle de la situation de Virgin je suis sidéré de voir que certains pensent encore que les magasins se font une marge de ouf sur les produits vendu. PAr exemple un article vendu 19.99e n'est pas acheté 5e comme j'ai pu lire ou bien meme 10. Non, il est facturé 16.39 à ça se rajoute la tva de 19.6% et vous avez votre prix de vente en offre nouveauté. Bien sur vous avez toujours de la remise editeurs mais celle-ci etant pratiqué en fin d'année (ou fin d'exercice) là encore si le reste de l'année vous avez de l'invendu et bien le retour est en parti à votre charge. Inutile de vous parler de "prix de fond" (c'est a dire apres la periode dite de nouveauté, car ça serait vraiment avec ce prix que les magasins gagneraient de l'argent) car aujourd'hui personnellement je ne l'applique plus aux produits que je vend. Je continue de les vendre en prix promotion car personne n'achetera un dvd à près de 30e. Rajouté aussi les frais de livraisons, transporteurs..etc...
Le gros probleme aussi qui a surtout raison des petites boutiques, essentiellement sur Paris, c'est le Loyer. Avoir un magasin sur la region parisienne de nos jours, voir meme dans n'importe grande ville, implique que vous devez obligatoirement avoir un business qui roule du tonnerre sinon si vous cumulez ne serait-ce que 2 ans de baisse du chiffre d'affaire ça devient délicat.
Rien que dans le quartier ou je bosse, St-Michel, ce sont pas moins de 3 boutiques emblématiques qui vont fermer dans les mois à venir : Gotham (ou ancien Album dvd), libraire Ciné Reflet, librairie sur l'architecture (dont je me souviens plus le nom). mais comme ce sont des "petites" boutiques, on en parle pas. Et pourtant ça arrive partout, tout le temps.
Le téléchargement, c'est effectivement très pratique pour pleins de raisons. Gagne de temps, d'argent. Sauf que bien sur le son ne sera pas au top, que votre video n'aura pas de chapitre ou de bonus mais là encore pour bcp ce sont des détails. C'est vrai que quand on télécharge on ne pense pas que ça fait autant de mal que ça aux magasins sauf que ce n'est pas uniquement au métier de disquaire que ça a un impact mais aussi aux labels, aux éditeurs, aux maisons de disques. Et oui, plus de magasins = plus de représentants d'éditeurs pour présenter les produits = réductions de personnel aussi dans parmis les éditeurs et à force, vu que tout les magasins restants (les petits magasins de quartier, et encore.. ou bien les grandes surfaces) travailleront uniquement par centrale d'achat via internet et bien les éditeurs et labels ça sera uniquement 2 ou 3 personnes dans un bureau qui ne feront que du référencement pour ces centrales.
De plus, combien d'argent vous croyez que les artistes touchent sur les ventes de morceaux digitaux ? Pas grand chose meme si la quantité de titres achetés peut paraitre important. Deja que les ventes de cd physique ne les font plus vivre comme il le voudrait.
Après c'est aussi une question de génération. Aujourd'hui, les gros consommateurs de numériques sont des jeunes qui n'achetent plus d'album . uniquement des singles. C'est vrai, pourquoi acheter un album dans son intégralité alors qu'ils ne vont écouter que les titre qui passent en boucle en radio, tv, internet. Suffit de voir les ventes du single de PSY ou le nombre de vu de son clip pour s'en convaincre.
Il arrivera meme un moment, si reellement le support cd disparait, où il ne paieront plus du tout. Ils trouveront que 1.29e pour 1 morceau c'est trop cher.
Ce qui va nous permettre de survivre un peu c'est maintenant la qualité du service clientèle. Pour moi je pense que c'est avant tout ce que cherchera le client en rentrant dans un magasin de disque. Voir le vendeur dit "spécialisé dans son domaine" et lui demander conseil. Les vendeurs qui vont envoient limite chier quand vous leur demandez quelque chose ou bien qui vous regarde l'air completement vide car ils savent pas de quoi ou qui vous parlez... ça arrive, c'est chiant mais faut pas généraliser. Bcp c'est parce que c'est des CDD qui sont là pour une période courte et donc pourquoi s'emmerder à étendre sa culture en écoutant ou regardant des classiques ou des nouveautés vu que le job est uniquement alimentaire et que peu de temps après ils seront plus là.
Je déplore que la FNAC ou VIRGIN ont choisi de ne plus proposer aux clients du fondu de catalogue. Aujourd'hui on ne trouve que les dernieres nouveautés et ils mettent en avant un produit qui fait l'actu (meme si c'est une grosse merde) plutot de laisser un peu de place à des standards qui se vendraient toujours. Après quand un magasin qui se fait appeler "disquaire" met en avant des aspi, des cafetieres, des ordis, de la hifi et met ses cd et dvd dans petit coin du magasin, ou bien faut monter 2 etages pour les trouver, faut pas s'etonner que les gens aient un discours négatifs envers eux.
L'Import ? ça ne touche qu'un % très faible de client. Car c'est uniquement ceux qui se tiennent au courant de l'actu qui en achetent. Les autres, soit ça les interesse pas, soit ils se tourneront aussi vers internet par les achats.
Pour les livres c'est un peu different vu que deja la tva n'est pas la meme et que tous les libraires appliquent les memes tarifs (c'est le seul bien culturel où le prix est imprimé dessus).
Reste le marché de l'occasion. Mais c'est tellement mal vu que les editeurs et les artistes qu'il ne viendront pas nous défendre.
Donc Virgin ferme... c'est triste pour les employés qui vont se manger en pleine dents une fin catastrophique.
"Be cool Rover... Don't bite nobody"