Et comme, évidemment, ce groupe a splitté, il n'y a plus d'actu et je remets toujours à plus tard la rédaction d'un brief à leur sujet. Mais bon, il faut s'y coller. Certes, je n'ai pas réécouté leurs prods depuis belle lurette mais les jeunes (et moins jeunes qui ne connaissent pas) prendront sans doute du plaisir à les découvrir.
Voila, donc :
Galliano était un groupe anglais basé à Londres d'acid jazz fondé à fin des années 80 (1988 pour être précis) par Rob Gallagher aka Rob Galliano, et Constantine Weir, tous deux chanteur/rappeur/poète, Crispin Robinson (aka Spry) percussionniste talentueux et Snaith (aka Snafe) le vibes controller.
Mais keskecé un vibes controller ? Et bien c'est quelqu'un dont l'apport au groupe est d'apporter de bonnes vibrations. Pour cela, il utilise un baton magique sculpté antique venant du Zimbabwe et l'agite dans les bonnes directions lorsqu'il exécute sa danse pendant le concert. J'ai eu la chance d'avoir l'objet dans les mains backstage, c'est un très bel objet.
Bref, revenons à nos moutons.
Dans les musiciens additionnels qui sont restés longtemps dans le groupe, on peut citer la chanteuse Valerie Etienne, mais surtout l'ex pianiste de Style Council/The Jam, Monsieur Mick Talbot (aka mystic T), Crispin Taylor à la batterie et Ernie McKone à la basse (ces deux là formant le groupe PUSH et ayant notamment fait faire leurs débuts à une pianiste nommée RAD (Rose Ann Dimalanta, qui jouera avec Prince par la suite), sur leur label Boogie Back Records), qui participèrent à l'enregistrement de quasi tous les albums. Le danseur Steve Amedee les rejoint sur scène, ce qui ne manque pas de me faire rire quand je réécoute ce bootleg perso où lorsqu'il arrive sur scène, un ami s'écrie: "mais c'est yannick noah".
Le concept de Galliano, un peu à l'image des multiples collaborations entre musiciens du label Les Disques Bien, est d'attirer en leur sein nombre d'artistes de talent qui veulent jouer sur un ou plusieurs titres. En ce sens, la formation du groupe est riche et variée. Ainsi, le chanteur Omar (Lye-Fook), le génial guitariste Mark Vandergucht, le pianiste Ski Oakenfull font des apparitions sur certains titres.
Galliano fut signé par Gilles Peterson, le célèbre DJ, sur son label Talkin'Loud et en devint le fer de lance.
En 1991 sort l'excellentissime "In Pursuit of the 13th Note"

Suivi par le génial "A Joyful Noise unto the Creator" en 1992.

Je les ai vu cinq à six fois en concert à cette époque et à chaque fois, leurs concerts furent une fête fantastique où tous les genres musicaux étaient mixés et métissés, Electronic, Funk, Soul, Hip Hop, Jazz, Latin, Rock, Reggae, Pop, Blues. Bref que du bonheur.
En 1994, le groupe atteint un statut de superstar en angleterre, se classant dans le top 10 des ventes avec l'album folk/funk "The Plot Thickens" contenant des chansons socio-politico engagées comme Twyford Down.
S'ils n'avaient pas splitté peu après la sortie de l'album 4, il est probable qu'ils auraient littéralement gagné en notoriété dans le monde entier.
Rob Gallagher sans doute géné par la célébrité, à l'instar d'André Herman Dune, splitta son groupe au sommet de sa gloire en 1996, et continua d'enregistrer sous pseudo (il utilisa le pseudonyme d'Earl Zinger), puis monta le groupe de jazz obscur "Two Banks of 4", dont je dois encore me procurer les scuds, qui ont l'air très bons.


