vos conseils Jazz Rock Funk
Posté : 07 juillet 2003, 22:49
par Bob l'éponge
Je cherche un bon album Jazz-rock-funk (je sais pas si je m'exprime bien

) peut-être même un peu Hip-Hop, à part Prince, et plutot récent... je sais je suis difficile mais si vous pouviez me conseiller, se serait cool, sinon tant pis...
merci d'avance
PS: le "rock" dans ma description est peut-être en trop, mais comme je sais pas m'expliquer...
Posté : 07 juillet 2003, 23:46
par Funkygirl
Alors là... Va falloir nous aider !!! :lol:
T'aime quoi à part Prince ? OU plutôt t'écoutes quoi à part Prince ?
Parce que Funk-Rock, je dirais Slapbak... Mais c'est pas trop Jazz... ou encore Mint Condition (Hein Raphy

).
Dans le Jazz/Funk Hip Hop sinon t'as Roy Hargrove actuellement...
8)
Posté : 08 juillet 2003, 00:04
par raphy
en effet c'est pas evident.
pour le jazz/funk tu veux que ca chante ou pas ? Car si tu ne veux pas que ca chante tu as pas mal de bon disque , surtout autour des annees 70. Herbie Hancock, Weather report, quelques miles Davis, et j'en passe.
Au niveau melange hip hop/ Jazz, la reference reste guru avec Jazzmatazz, et gang starr, mais il y a eu pas mal d'autres tentatives comme buqshot lefonque etc...
En un peu plus violent parfois, il y a des choses interessantes chez Defunkt.
J'aime beaucoup Slapbak (meme si dans leur discographie cela est parfois un peu repetitif), c'est un groupe excellent, qui a su malgre des influences ultra marquees, trouver un son propre... Je me souviens avoir achete leur premier album au feeling en 92, car la pochette etait parfaite (des frites en train de frire :-) ). Mais ca reste quand meme P-Funk (avec un peu de rap dans les albums plus recents), et si tu veux un melange funk/rock, alors funkadelic est un groupe ou tu pourras trouver pas mal de bonnes choses. funkygirl n'aime pas trop car "trop" de guitares

, mais ce n'est pas trs vrai, "one nation under a groove" n'est pas "violent" mais excellent....
voila une petite reponse a une question qu'il faut preciser :-)
raphy
Posté : 08 juillet 2003, 00:56
par Bob l'éponge
alors bon... en fait je voudrais que se soit chanté, déjà ça... après... que se soit récent mais ça je l'ai déjà dit, et puis que ce ne soit pas trop.. comment dire... underground ou "sombre", plus "dansant" (mais je cherche pas non plus de conneries dance-floor) je sais c'est difficile
Si je veux vos conseils c'est justement pour écouter autre chose que Prince (ma culture musicale n'est pas non plus limité au nain

) en fait si vous voulez savoir aujourd'hui un copain m'a fait écouter une chanson d'un groupe japonais je crois mais chanté en anglais, et c'était un gros mélange: un peu de Hip-Hop (couplets), un peu de rock (refrains, ou inversement je sais plus), de Jazz-rock (la musique), et avec une bonne humeur Funky... malheureusement on ne sait pas de qui c'est, c'est un mini CD qu'il a trouvé avec 3 chansons, et c'est écrit en Japonais... mais j'ai flaché sur le style!
Je vais peut-être me tourner vers la musique japonaise... 8O
Posté : 08 juillet 2003, 17:20
par funky alf
connais tu erik truffaz trompettiste francais?
si non cherche l'album the dawn
c'est un melange de jazz de hip hop avec des influences de musiques electroniques le defaut c'est assez peu chanté 1/3 de l'album je crois
ou sinon essaye l'album de femi kuti "fight to win" des cuivres du groove des textes de l'afro beat avec deux invités hip hop
a+
Posté : 08 juillet 2003, 17:33
par JpweB
dans le genre jazz-rock-funk tu as aussi... Zappa !!!
c'est pas hyper récent, mais essaye un album comme "The best band you ever heard in your life" et tu verras... çà n'a pas vieilli d'un poil... des cuivres qui sonnent, des constructions alambiquées, des solos jazz-rock à tomber, de la bonne humeur... du bonheur quoi !
si tu es intrépide, tu peux aussi te lancer dans "Make a jazz noise here"... à tes risques et perils !!!
Posté : 08 juillet 2003, 17:43
par funky alf
perso je trouve make a jazz noise here plus abordable
longue instrumentation solos superbes impros
car the best band you ever heard in your life propose beaucoup d'humour zappaein (moqueries sur la tele evangéliste, le solo de stairway to heaven joué par des cuivres et plusieurs chansons sur la politique américaine)
qui peuve decourager l'auditeur
mais au bout de 50 cd de zappa peux t'on être partiel
perso je conseillerais un album comme in new york
ou one size fits all qui sont des tres bons résumés de l'univers zappaeisque
non quand pense tu jpweb
au fait moi j'ai pas craqué au premier mail pour parler de zappa

Posté : 08 juillet 2003, 17:57
par JpweB
funky alf a écrit :perso je trouve make a jazz noise here plus abordable
longue instrumentation solos superbes impros
car the best band you ever heard in your life propose beaucoup d'humour zappaein (moqueries sur la tele evangéliste, le solo de stairway to heaven joué par des cuivres et plusieurs chansons sur la politique américaine)
qui peuve decourager l'auditeur
mais au bout de 50 cd de zappa peux t'on être partiel
perso je conseillerais un album comme in new york
ou one size fits all qui sont des tres bons résumés de l'univers zappaeisque
non quand pense tu jpweb
au fait moi j'ai pas craqué au premier mail pour parler de zappa

j'ai découvert Zappa avec "The best band..." et ce disque reste pour moi la meilleure introduction possible à l'univers zappaien...
commencer avec "Make a jazz noise here" me parait risqué car certains titres peuvent vraiment rebuter à la premiere écoute ("Yuppies go to hell" notamment), mais il est vrai qu'à coté de çà, on a droit à un "Black Napkins" superbe, un "Eat that question" un peu court mais qui donne envie de découvrir l'album dont il est issu ("Grand Wazoo" - grand disque jazz-rock)
je suis ok avec toi, "In New York" est un bijou, ne serait ce que pour la version tout en retenue de "The torture never stops" avec flute traversiere...
"One size fits all" est aussi un disque tres abordable qui recele des titres d'anthologie ("Andy", "Inca roads")... mais ils sont présents aussi sur "The best band..." et je trouve mieux interpretés sur le live.
ne pas oublier bien sur le tryptique "Hot Rats" / "Waka Jawaka" / "Grand Wazoo", des monuments instrumentaux à la fois jazz-rock-autrechose...
Posté : 08 juillet 2003, 18:07
par funky alf
tout à fait meme si il faut rajouter sleep dirt a ce magnifique trio
ainsi que de conseiller l'écoute de uncle meat pour les liens avec la musique contemporainne
quoique apostrophe et overnite sensation offre un equilibre entre rock funk et cuivres non?
bon avec tout ca enzo si tu sais pas quel album de zappa acheter
je rends les armes
comment on en fait trop??????????????
Posté : 11 juillet 2003, 22:42
par Bob l'éponge
En tout cas je vous remercie pour vos conseils. Zappa je connaissais un peu, mais je vais essayer de m'y plonger un peu plus. Mais au risque de vous moquer de moi, je crois que je vais rechercher de bons groupes japonais, franchement ça a pas l'air mal, et puis au moins comme ça je comprendrais rien à ce qu'ils disent, comme quand j'étais plus jeune et que j'écoutais Prince ou Micheal...

je comprenais rien mais j'aimais bien (j'aime toujours biensûr, sauf que je comprends maintenant... j'ai l'impression de me répeter là non?)
Posté : 21 avril 2004, 19:25
par tangi@nantes
Salut à tous,
il y a du nouveau sur le mini-webzine :

un article sur
Roy Hargrove, à l'occasion de sa tournée française

l'agenda des soirées et concerts à Nantes, avec notamment
Danger Mouse (l'auteur du fameux "Grey Album") dans le cadre de la soirée
Lex Records à l'Olympic

et toujours les news, la sélection web, et un forum pour déposer vos infos et réagir sur l'actualité musicale
Pour vous y rendre :
http://www.webzinemaker.com/gbx
Enjoy!
Terra incognito (petite histoire du jazz-rock)
Posté : 17 décembre 2006, 15:58
par Philippe Nollet
C’est venu ce matin, dans l’arrivée triomphale du soleil, ça m’a pris d’un coup. L’envie de tout plaquer, mais pour de bon cette fois. Pas une bonne résolution de principe, de celles qu’on n’honore jamais. Ni de celles dictées par la seule colère qui, une fois celle-ci retombée, laissent la place aux regrets et à l’accablement, au désaveu de notre propre pensée d’origine, dont on fait aussitôt l’inévitable deuil. C’est venu ce matin, dans les rafales d’un vent bondissant de rues en allées et secouant les platanes, un vent qui déboulait et s’étouffait dans les murs, se cabrait aux pentes des toitures. Ses caresses enivrantes, cet harassant labeur fondu en un seul jet… J’ai décidé de tout plaquer, avec une drôle de joie contenue, dans l’exultation pure, à la faveur d’un simple éclat de vent et de soleil mêlés – cette ivresse d’avoir tout perdu et de s’en foutre…
Et puis ça m’est passé, comme le reste. Heureusement qu’il y a parfois l’ennui et la répétition monotone des jours pour nous anesthésier. Le soir venu, des arômes puissants de végétation et de bétail cernent l’horizon – furieusement vert – d’un halo pâle de fumée odorante. Le vent, ici, rafraîchit les idées comme il remet toutes les formes et tous les volumes en question : ça ne cesse jamais de bouger.
Hors sujet.
Il semblerait néanmoins, nonobstant cette entame quelque peu audacieuse, que je doive vous dresser dans ces lignes un petit portrait du jazz-rock des années soixante-dix : John Mc Laughlin, Chick Corea, Larry Coryell, Keith Jarrett, on voit tout de suite le genre… pop-stars aux faux airs d’étudiants de Berkeley à lunettes hyper compétents, sexy comme des limandes en pulls de laine à losanges et aux tignasses gonflées à outrance… N’empêche, ces cadors de la virtuosité innée – ou acquise – et de l’érudition cool ont de sacrés parcours, sur lesquels il n’est peut-être pas inutile de revenir, même partiellement, en quelques courts chapitres…
En ce qui me concerne, j’ai découvert tout ça dans les années 1985, 86, le « Birds of fire » du Mahavishnu avec d’ailleurs, à de nombreuses reprises, la désagréable impression de me plonger dans un « discours », plutôt que de m’immerger dans l’évidente immédiateté d’un propos musical uniquement réduit à lui-même, sans clé particulière à détenir, sans laissez-passer à quémander chez d’anciens exégètes, sans équations à résoudre déclinées sous la forme de parties d’échecs des sons et du souffle.
Je crois me les être tous coltinés : le dadaïsme abscons de William Breuker, les albums inachevés de Stanley Clarke, impeccable par ailleurs en accompagnement, le « Return to forever » de Chick Corea, espagnolade chic aux lourds effluves d’exercice de style baroque – avec un Stanley Clarke, encore, énormissime sur « La fiesta »… le feeling monstrueusement cuivré de Larry Coryell et de son « Eleventh house » coup d’essai/coup de maître…
On le voit, j’aime les énumérations… il y en a d’autres : l’équilibriste lunaire Jan Garbarek (« Afric pepperbird », « Belonging »), jamais plus ensuite à la hauteur de son propre génie malgré d’indéniables promesses – en partie tenues, mais en partie seulement… le « Sextant » de Herbie Hancock, petit prodige aux mille sortilèges devenu guest-star de la haute, régnant sur des montagnes de dollars et perdant, tout le reste mis bout à bout, toute la quintessence (ou quasi) de son âme de musicien dans d’insignifiantes hip-hoperies sans épaisseur… les méconnus (voire inconnus) Instant Composer Pool, dont le « Tetterett » est un mirifique joyau aux somptueuses facettes, au sein duquel un humour féroce pulvérise sans pitié un univers invraisemblablement sensuel, lourd de sous-entendus, presque tactile, balançant à tout instant entre le jazz-rock « a contrario » et l’avant-garde crunchy… ah, Keith Jarrett ! Son « Köln concert » bien sûr, incontournable – et c’est bien là le hic, le nœud gordien de l’affaire : ce disque est une espèce de mausolée dans lequel on ne peut entrer qu’à pas comptés et qui interdit, après son écoute religieuse – et encore aujourd’hui – la moindre parole… je lui préfère le « Facing you » (1970 ?) pétri d’envolées lyriques mais charnues, à la sensualité toute en césures ou alanguies, mais reposant toujours sur le toucher du musicien et non, comme dans le Köln Concert, sur des artifices distillés goutte à goutte…
Bon, il y en a encore une belle brochette : Steve Kuhn… qui connaît Steve Kuhn ? Et pourtant… sa collaboration avec le Sheila Jordan Band en 1979 (« Playground ») est une pépite – cherchez pas c’est de l’introuvable, jamais réédité, aussi proche de la chanson pompée à Brecht que du jazz futuriste pop… inaltérable, même après toutes ces années… Mc Laughlin… l’homme aux mille doigts divins, tous raccords, tous supérieurement synchronisés, ou comment un prodige absolu de la guitare, doté d’une renversante virtuosité technique, accède au rang d’icône universelle en passant du jazz-rock le plus explosif (« Extrapolation », « Electric guitarist ») aux arabesques hindoues (Shakti) sans perdre, dans cette transition entre plusieurs styles, de son exceptionnel feeling de l’instrument… encore et encore… le jazz-rock pastel de Pat Metheny, plus suave, aux bigarrures extrêmement léchées (« Watercolors ») parfois un poil tiroir-caisse et FM dans la démarche mais non dénuées, la plupart du temps, de sensibilité (« 80/81 »)…
Ça roule dans ma mémoire de fan en flux et reflux de poignance qui fait monter les larmes – car il y en a encore, plein d’autres en kyrielles de funambules venus de nulle part, échoués du souvenir comme des phoques on the beach : le « Portrait of Tracy » de Jaco Pastorius (ex/futur/post-Weather Report) et son ébouriffant solo de contrebasse de plusieurs minutes, courant comme sur un fil à haute tension du jeu en harmoniques pures – que Jaco démonte comme les pièces d’un lego – au jeu traditionnel, avec riffs presque binaires et harmonies carrées, constituant au final un temple sonique étrange, ténébreux, décisif et beau comme la peur imminente d’un mystère tout proche d’être dévoilé… du métaphysique jazz aux volutes puissamment oniriques, voire (pourquoi pas) mystiques…
Encore, encore : le frenchy Jean-luc Ponty, né avec un violon dans son berceau, le bluesy « Healing force » de Don Pullen, la baroque pièce montée sobrement intitulée « Horn » de Sonny Rollins, échoué de la planète be-bop droit dans le creuset funk aux abords des seventies, comme par enchantement, puisant aussi dans ses racines caraïbes et flirtant même, pour une brève escapade, avec les Stones, dans une quinte flush de sonorités antinomiques et de clameurs (celles des stades remplis à ras bord) tellement éloignées du jazz… le « Pharoah » de Pharoah Sanders et ses enivrants balancements somnambuliques…
Et encore Masahiko Sato, l’exotique Sun Ra, le fondateur Weather Report (son « Heavy weather » de 1977, tous les Zawinul passés, présents et à venir…), Tony Williams, Chico Freeman, et pour leur épisodique contribution les Steve Lacy, Derek Bailey, Steve Swallow, Billy Cobham, John Scofield, François Couturier, Jack De Johnette, Brian Odges, Kenny Drew, Jan Hammer, Joe Mc Phee… On l’a vu, j’ai passé sous silence ceux débarqués d’autres univers, notamment rock, qui avaient eux aussi toute leur place ici… Santana, Jimi Hendrix, Miles, Zappa, Captain Beefheart, Gong, Steve Hillage, Lounge Lizard, Magma, Albert Marcoeur, Ben Sidran, Soft Machine, Stomu Yamash’ta… Il s’agit là d’une tout autre histoire, quand bien même aurait-elle légitimement un bon pied – et sans doute davantage – dans le jazz-rock, histoire que je vous raconterai (ou peut-être d’autres que moi) sans doute un jour…
Je viens de me lever, je marche au ralenti dans le jardin. Je regarde tous ces champs qui m’entourent, enveloppés jusqu’au lointain d’une blancheur écumante, j’entends comme malgré moi le bruissement permanent des oiseaux – mon père connaîtrait très précisément leur nom – et le sifflement zigzagant du vent brodant éternellement sur la même vibration, le même timbre d’accord, s’engouffrant dans de vertigineuses futaies, des buissons joufflus et des cèdres, les cerisiers au bout du jardin qui creusent d’autres formes dans le panorama… là, l’inclinaison raide des noyers s’ouvre par instant, sous la force du vent, faisant apparaître en un envol de sansonnets un bouquet de petites fermes branlantes, jardinets en terrasses mal taillées et vieilles cabanes mornes sous l’arc-de-cercle rutilant du soleil qui les enserre… tout un spectacle. Dont le peu de rapport avec le jazz-rock (encore que...) ne se justifie pas, je sais. Il me fallait bien trouver une chute qui me ressemble, un n’importe quoi mal foutu, coda approximative d’une portée jaillie comme ça, à l’arrache…
Re: vos conseils Jazz Rock Funk
Posté : 17 juillet 2012, 17:25
par funkygemini69