J’arrive donc assez tôt, aux alentours de 19 h pour être proche de la scène. Et c’est accoudé sur le coté gauche que nous attendons l’arrivée de la Miss qui ne se montre qu’à 23H55.
Dès son entrée nous voyons que Badu est dotée d’un charme hors du commun. Perdu dans un costume blanc, entre tradition africaine et sophistication, coiffée d’un de ses célèbres turban/chapeau d’un mètre de haut, on ne voit que son minuscule visage, qui change d’expression cinquante fois par chansons, passant des plus angélique au plus énervé. Sa voix est parfaite, les arrangements des versions live sont plus que réussis. C’est un véritable moment de bonheur, et un des très grand concert que j’ai eu à voir dans ma vie.
Tous les ingrédients y sont : une mise en scène sobre mais réfléchie, faites de petits riens intelligents, un groupe qui sait être excellent sans passer par des démonstration incessantes, des arrangements suffisamment fins pour donner aux titres une identité propre à leur version live sans les dénaturer, et surtout un monstre de scène, une chanteuse qui dégage une telle aura que lorsqu’elle s’approchait des gens, tout le monde reculait d’un mètre, tant il y avait une barrière naturelle. Elle finit d’ailleurs le show debout au milieu du public, sans que personne ne l’approche.
La musique d’Erykah Badu, pour ceux qui ne la connaissent pas, est assez difficile à d’écrire, surtout que son dernier album se détache de sa discographie. Si il fallait résumer, nous dirons que ses disques peuvent être sans aucun doute classés au rayon « funk » des magasins, mais que son style est fortement influencé par le jazz et le son de Billie Hollyday, dont Erykah est souvent présentée comme la relève. Sa voix est remarquable car pleine d’âme et aux multiples facettes, pas de Mariah Carey ou de Celine Dion dans les références, c’est à dire qu’Erykah Badu ne fait pas dans la prouesse. Elle fait dans la grâce, et l’intelligence des mélodies qu’elle improvise. Mais elle n’est pas enfermée dans son style, elle est d’ailleurs très souvent la « guest » de groupe comme : The Roots, D’angelo, Outkast, Common etc…
Elle n’hésite pas non plus à prendre la parole abordant différents thèmes, sachant jouer la comédie, pour parler de féminisme de manière très amusante avant son fameux Tyrone.
Enfin pour une artiste « solo », les échanges et la communication avec son groupe son nombreux. Ce soir nous avons eu une grande surprise, partagée par tout l’audience.

Set List Badu

Set List

– Intro
– Otherside of the pillow
– Penitentiary
un des titres les plus violents d’Erykah Badu qui ouvre son nouvel album. C’est à ce moment que Prince monte sur scène pour jouer de la guitare, tout de vert vêtu, ce qui ne déstabilise pas une seconde la chanteuse.
Prince monte généralement dans les premières vingt minutes chaque soir, pour le documentaire, ensuite la caméra est démontée.
– Didn’t cha know (interruption au milieu du morceau par le clavier qui chante seul « Visions » de Stevie Wonder)
– My life
– … & On
(enchainé avec On & On , est passant de l’un à l’autre…parfait)
– Cleva
– Hey sugah
– Kiss me on my neck
– A.D. 2000
– Liberation
– Orange moon (ah good it is mixé)
– Arrivé de Common qui chante un titre, puis Ghetto Heaven
– Tyrone
– Green eyes
– Bag lady (avec la basse de « Booty » sur la fin)
2 heures de concert inoubliable, par une artiste qui pour le moment ne passe pas en Europe.
Ensuite, comme tous les soirs, le DJ a pris le contrôle de la soirée jusqu’à environ 4 heures du matin.
Pour une raison inconnu, le staff de Paisley Park nous annonce que demain sera la dernière « listening session » de Rainbow Children… Il faut donc se lever tôt.
Je croise Maceo Parker, avec qui j’échange quelques mots. Puis Geneva, qui me surprend par sa gentillesse, sa patience, et son sourire.
Tout « the Time » est ici , dans la salle, ils se dirigent vers un des studios, puis Jerome ressort pour inviter une dizaine de filles à les rejoindre. Le bruit court qu’ils enregistrent, mais Jellybean me démentira la chose le lendemain, confirmant que ce n’était qu’un moment avec des filles 🙂
Voilà, 2 heures de sommeil m’attendent car demain, je dois être à Paisley Park à 8 h si je veux écouter THE RAINBOW CHILDREN