
Avant de commencer...
Un peu de vocabulaire. On peut entendre ici où là des gens parler de "la New jack". Je tiens à préciser que l'on dit bien "LE" et non "la" New Jack Swing, qui est un genre musical à part entière comme LE Jazz, LE Rock, LE Hard, LE Gospel ou LE Funk.
Qu'est-ce que le New jack Swing ? C'est un genre musical issu du Rythm&Blues. Il reprend à son compte une très grande partie de l'héritage de la Soul des années 50-60-70 à travers des samples et des reprises remis au goût du jour. Bercés par Stevie Wonder, James Brown, Charlie Wilson & Gap Band, George Clinton, Otis Redding ou Marvin Gaye les "New Jackers" allient le charme et la puissance des voix (a cappella ou non) à une musique rythmée (hip-hop) et positive bourrée d'effets (les voix sont souvent utilisées comme des instruments) et de samples.
Le New jack Swing est un genre urbain, il est né dans la rue de la rencontre de la tradition R&B et de la mouvance Rap.
...par là ou tout à commençé (1987-1988)
C'est à dire par Teddy Riley, considéré, à juste titre comme l'inventeur du New Jack Swing.
En 1987, Teddy produit déjà des titres underground dans le microcosme New Yorkais dont il est issu, lorsque son ami Keith Sweat, signé sur le label Elektra pour son premier album, lui demande de co-écrire et co-produire à ses côtés ce qui deviendra "Make it last forever" (album de platine aux USA). Le premier single extrait, "I want her" fait l'effet d'une bombe dans l'industrie musicale afro-américaine : des beats entrainants, des sons traditionnels déformés et remixés, des voix suaves et puissantes. Tous les ingrédients sont là pour définir ce qui sera une évolution majeure du Rythm&Blues des années 90.
Fort de ce succès, Teddy Riley est prêt à entrer dans l'industrie par la grande porte avec ce qu'il nomme alors le "Swingbeat". Son parrain, Gene Griffin, un ancien manager-producteur de seconde catégorie lui propose de monter une structure pour porter le "Swingbeat" au sommet des charts. Ainsi nait G.R. productions .
Les productions s'enchainent à un rythme éffrèné : tout le monde veut ce nouveau son. Johnny Kemp est le premier artiste dont le disque "Just got paid" (CBS/Sony, 1988) est frappé des initiales G.R. prod. Suivent Today (Motown, 1988), Heavy D.&The Boyz (Uptown/MCA, 1988), Al.B.Sure! ("In effect mode", Uptown/WEA, 1988), Bobby Brown ("My prerogative" MCA, 1988) et Guy (Uptown/MCA, 1988).
Si l'ensemble de ces productions fait un score plus qu'honorable dans les hits américains, c'est surtout Bobby Brown avec "My Prerogative" (single numéro 1 aux USA pendant 3 semaines, 5 millions d'albums de "Don't be cruel" vendus) qui va propulser Teddy Riley et son gang au sommet de la liste des producteurs les plus en vues du moment.
Mais Teddy n'est pas qu'un producteur, il caresse depuis longtemps l'ambition de monter son groupe. C'est chose faite avec Guy, le porte-drapeau du New Jack Swing. Composé à l'origine de Aaron Hall (son pote de classe), Timmy Gatling et Teddy lui-même, l'album enregistré est un joyau dont les quatre singles extraits ("I like", "Teddy's Jam", "Don't clap just dance", "Groove me") font une belle carrière et deviennent des classiques du genre. L'album lui-même se vendra à 1,8 millions d'exemplaires. Mais l'édifice G.R. commence déjà à se fissurer avec le départ de Timmy Gatling à la veille de la sortie de l'album de Guy (les pochettes sont déjà imprimées avec sa photo, elles resteront telles quelles malgré tout). Il est remplacé in-extremis par Damion Hall, le petit-frère d'Aaron.
Prochain numéro : les années 1989/1990
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